Environnement
Le Bois Ramal Fragment (BRF) : Ce quil faut savoir

Histoire du BRF

Les débuts du BRF; remontent aux années 1970 au Québec quand, lors de l’élagage des arbres sous les lignes à haute tension, s’est posé la question : que faire de toutes ces branches ? Quelques chercheurs eurent l’idée de broyer ces branches et d’épandre le produit sur des terrains agricoles. Le résultat ne s’est pas fait attendre : les agriculteurs ont constaté :
  • une production d’humus importante,
  • une amélioration très nette de la structure du sol,
  • une augmentation des rendements et ce de façon prolongée sur trois ans,
  • une diminution des besoins en eau,
  • une réduction des temps de désherbage
  • une baisse des maladies et des attaques de ravageurs.
Forts de ces résultats, cette technique a été testée sous différents climats et latitudes. Malgré des efforts de communication, cette technique s’est très peu répandue jusqu’à la fin des années 1990, faute d’intérêt de la part des financeurs. Depuis 2010, son utilisation devient de plus en plus fréquente en France.

Que ce passe-t-il ?

Le terme Bois Raméal Fragmenté, désigne les résidus du broyage de branches vivantes de diamètre inférieur à 7 cm, issues d’élagages ou de tailles de haies.
Les petites branches concentrent en elles 80% des nutriments dont la lignine (produit carboné, donc dur) qui est la plus difficile à dégrader.
C’est une famille de champignon qui se trouve dans le sol, les basidiomycètes, aussi appelés « pourriture blanche » qui attaque rapidement la lignine (cf. http://www.ecosociosystemes.fr/pedoflore.html).

Cette déconstruction de la lignine, enclenche la mise en marche de la chaine alimentaire du sol par la pédofaune. (cf. http://www.ecosociosystemes.fr/pedofaune.html).


En fait l’homme reproduit, de manière beaucoup plus rapide, ce qui se passe dans le cycle naturel de la forêt via la formation de l’humus.

En broyant les branches en copeaux, on augmente considérablement la surface d’attaque des champignons.


Comment broyer au jardin ?

Solution 1 :
Avec un broyeur électrique ou thermique.
L’électrique est moins cher mais moins puissant que le thermique.
Solution 2 :
Avec une bonne vieille tondeuse thermique pour les petites branches.
Cette technique n’est pas très académique mais reste efficace.


Que mettre bans le BRF ?

A peu près tout ce qui est vert et de diamètre inférieur à 7cm, sain et non traité au fongicide. Cependant il est nécessaire de respecter ces deux recommandations :

  • 20% maximum de résineux dans le BRF (à cause de leur lignine plus complexe à décomposer).
  • Pas de Thuyas ni d’Eucalyptus (toxiques pour les champignons d’après les biologistes).

   

Quand utiliser le BRF ?

Le mieux durant la période du repos végétation c’est-à-dire à l’automne ou en début d’hiver. En effet, le démarrage de l’attaque de la lignine par les champignons demande une grande quantité d’azote qui va être ponctionnée dans le sol, créant une « faim d’azote ». Ce manque d’azote en période de développement des végétaux (printemps ou été) serait nuisible pour ces derniers. Cet azote sera restitué au sol dès que le processus de décomposition sera enclenché.
Par contre il est recommandé d’utiliser le BRF dès qu’il a été produit et de ne pas attendre un début de décomposition.

Comment utiliser le BRF ?

Au potager :
Etaler 5 cm de BRF sur sol propre et l’incorporer sur 2 ou 3 cm, avec une griffe. La partie BRF qui sera mélangé dans le sol correspond à l’amendement. Cela correspond à un apport naturel d’azote dans le sol
Après les plantations en remettre en paillage.
   

Au jardin en paillage :
Mettre 4 à 5 cm de BRF au pied des végétaux en évitant que le produit ne touche le collet de la plante. Le collet est la partie de la plante comprise entre la tige et les racines.
Il faudra compléter cette épaisseur en fonction de la décomposition.


Stockage :
Le BRF doit être stocké le moins longtemps possible, en milieu aéré, avant son épandage in situ, pour éviter tout risque de fermentation. Il est en effet impératif d’éviter une augmentation de la température (démarrage du compostage) qui remettrait en cause ultérieurement le développement naturel d’une flore fongique.

Les avantages du BRF

Ils sont nombreux avec notamment :

  • Moins de désherbage (1 heure de paillage c’est 10 heures de désherbage en moins).
  • Moins, voir plus aucun d’arrosage.
  • Plus d’engrais chimique.
  • Moins de maladies et d’attaques de ravageurs.
  • Amélioration de la structure du sol avec une pédofaune active
  • Plus de phénomène de battance (formation d’une croute à la surface du terrain suite à épisode pluvieux)
  • Lutte contre l’érosion des terrains pentus.




Les inconvénients du BRF

Il est relevé :

  • Un ralentissement du réchauffement du sol au printemps (en climat Méditerranéen : peu d’incidences).
  • La faim d’azote, problème temporaire.
  • Attention, en le mettant en place, au collet du végétal car ce dernier doit rester au sec. En effet la BRF retenant l’humidité risque au contact du collet favoriser les attaques de champignons.
Jean François Chrysochoos

 
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